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S'il est un domaine où la nuance est aussi un art, c'est bien dans les relations bdsm.
Difficile équilibre entre le "trop" et le "pas assez". Le rôle du dominant n'est pas aisé. S'il se laisse aller aux attentes précises du soumis, il ne devient qu'un instrument et y perd son
plaisir. S'il les oublie, peu de chance d'avancer.
Qui est donc le plus exigeant ? Le soumis bien souvent, d'où une démotivation des dominatrices. Elles n'ont pas exactement les mêmes attentes.
Si les clichés d'une relation Maîtresse -soumis idéale sont légions, je n'en connais aucune qui ressemble à une autre. Et je peux témoigner que toutes les situations peuvent s'envisager et se
vivre avec bonheur. Dans tous les cas, un lien très fort existe. Dévotion, amour, fascination, amitié amoureuse... que sais-je...
J'entends toujours ici ou là certains se plaindre : "Elle n'était pas assez sévère ; elle était trop présente ; les séances trop dures, trop mécaniques... ; trop caline... ; pas assez
sensuelle..."
Une relation avec une Maitresse se construit sur la durée. Elle évolue. Chaque pas a son importance. Et pas uniquement ceux que l'on effectue sous sa cravache. La dimension sexuelle et érotique
n'est pas la seule. Une base solide, certes, mais pas suffisante.
J'ai parfois eu du mal à trouver la juste mesure d'une séance de domination. Il me faut parfois du temps pour "entrer en connection", alors que d'autres fois cela parait évident, naturel.
Certains instants sont magiques, gravés. D'autres sont déjà oubliés. Si j'aime un certain rituel pour commencer, aucune séance ne se ressemble. Il me faut une réelle énergie pour rester à
l'écoute de chaque soupir, de chaque trésaillement et imaginer la montée en puissance. J'en sors souvent épuisée. Or... je ne m'en lasse pas. J'aime l'intensité.
Jeanne de Berg évoque dans ses ouvrages cette énergie insufflée à l'autre, et ce sentiment d'épuisement. Epuisée, oui. Pour cela, je ne peux multiplier les séances. Parfois j'ai besoin de
plusieurs jours pour me reconstituer tant je ressens avoir "tout donner". Cela peut se traduire par une baisse de moral : qu'ai-je donc reçu en échange d'un tel don de moi ?
Séance, mais relation ? C'est encore moins aisé. Garder un équilibre, susciter sans cesse un nouveau désir, renouveller les émotions... Quelle ambition ! Même interrogation : qu'ai-je en
échange ?
Nature généreuse de la dominatrice, c'est un fait. Les dominatrices sont les femmes les plus généreuses que je connaisse. Elles s'épuisent souvent à déployer cette énergie, à jouer sur les
nuances, et sont rarement récompensées de leur don.
Et soudain .... un homme, celui qui change tout. Celui qui justifie leur parcours.
Bonjour et merci pour ce message... Ce blog est encore en ligne... Fantasmes....